FALSE ADDICTIONS. Le quintet Fumélois écume les scènes depuis un an. Kévin raconte les débuts d'un rock prometteur
La route du rock
False Addictions, sur scène à Agen. (Photos DR)
False Addictions, sur scène à Agen. (Photos DR)
Le rock de Fumel attendant son messie depuis Les Ablettes (hissés jusqu'au Top 50 des 80's), parions sur l'éventuel destin de False Addictions (FA), groupe rock ado né il y a deux ans. Un an pour composer, un autre à écumer les scènes. Clément (batterie), Djé (basse), François (chant), David et Kévin (guitares) ont entre 19 et 23 ans. Ils incarnent le renouveau rock de leur génération et lorgnent sur le Grand Pruneau Show, devenu LE tremplin local.
Kévin Saber, 23 ans, raconte comment naît un groupe, de la quête d'un batteur à la consécration médiatique (deux articles dans « Sud Ouest » en une semaine, s'il vous plaît).
Trouver des musiciens. « On ne voulait pas faire comme les groupes de lycée, faire un groupe pour faire un groupe. » Kévin parle d'un truc « sérieux », qui leur permettrait de vivre de leur art saturé au moins à mi-temps. Il a trouvé bassiste et batteur au magasin Lauret musique, à Villeneuve, où il faisait un stage. Plus dure est la recherche d'un chanteur : « On voulait un vrai. Pas avoir à se dire, comme tout le monde, "bon, qui c'est qui chante ?" »
Se forger un style. False Addictions, groupe néopunk-postmetal-electrogrunge ? Non, c'est du « rock », dit Kévin : « Le rythme et la distorsion. » Comme FA écoute de tout (metal « poilu » ou rap US), le groupe mâtine ses compos de solos jazzy-cool du bassiste et de la voix assez aérienne du chanteur, loin des beuglards du genre.
Trouver un nom. Passage obligé et vrai casse-tête. « Un nom, c'est comme un logo. » Et un tatouage : si c'est moche, ça n'attire pas et c'est pénible de s'en débarrasser. Le problème, c'est qu'en voulant chanter français (« pour ne pas baragouiner des trucs que personne comprend »), le quintet se cherchait un nom d'ici. En vain, à part des trucs « chelous ». Va donc pour un british blaze, à base de « faux » (« l'idée qu'on est dans l'univers du paraître ») et d'addictions (« la société nous accroche tous à quelque chose... »). À part ça, les FA ne sont « pas revendicatifs ».
Composer. FA parle de « s'envoler vers le ciel, à la rencontre de la vie », par exemple. M'ouais. Tout est en place, sinon : déluge de grattes en distorsion sur fond de fûts frappés, mélodies malines, bons solos. Le groupe a préparé de quoi tenir un set de dix compos, plus cinq reprises. « Ça permet de ne pas jouer toujours la même chose », confie Kévin.
Jouer. En juin 2008, premier concert à Monségur, puis la fête de la musique de Fumel. Et le lendemain, celle d'Agen devant 200 jeunes au skate shop sous les arcades (même endroit, cette année). Surlendemain : tremplin à Tournon, qu'ils gagnent. « Je ne sais pas si on était meilleurs, mais on a fait bouger les gens. » Premier cachet : 150 euros, investis dans du matériel pour enregistrer. Mais sorti de l'aide d'After Before à Fumel, ou de Bénévoles du 47 à Villeneuve, c'est galère. « Vous êtes jeunes, on a peur : on entend ça tout le temps », persifle Kévin. En un an, il y a eu une dizaine de concerts, quand même.
S'habiller. Kévin et sa bande « commencent à en parler ». Parce qu'un look homogène, « ça marche énormément ». La garde-robe serait d'un rock chic, chemise et pantalon, parfois veston et cravate.
Se faire connaître. En trois mots, MySpace, Facebook et Skyblogs. Les trois sites où les artistes diffusent photos, vidéos, musique, invitations aux concerts. Sur MySpace, en une semaine, il y a eu 900 écoutes des titres. Sur Facebook, près de 450 « fans ». Au dernier concert, à Villeneuve, il y avait 50 personnes. Kévin espère que ce sont des gens qui aiment sa musique. « J'ai passé l'âge des filles qui viennent en disant "vous êtes trop beaux". » Ce qui peut quand même aider.
(1) myspace.com/falseaddictions ou youtube.com/user/falseaddictions, et « False Addictions » sur www.facebook.com
Auteur : Adrien Vergnolle
a.vergnolle@sudouest.com
lien vers la page dorigine : http://www.sudouest.com/lot-et-garonne/loisirs-culture/article/582074/mil/4498558.html